La nuit à la belle étoile

La nuit à la belle étoile - Léonard Paprika

Mon frère aime la nature. D’ailleurs, il plante très souvent sa tente près d’un lac bordé par une forêt dense dans notre campagne. C’est plaisant pour lui et, selon son avis, ça permet de se détacher un peu du monde et de faire le vide dans la tête. Un jour, nous avons abordé le sujet, et il m’a mis au défi en me disant que je ne survivrais pas une nuit dans une tente en pleine nature. Je l’ai donc relevé en lui disant que je n’ai pas peur de dormir dans une tente ou même à la belle étoile. Le jour du défi arrive enfin. Nous sommes arrivés sur les lieux vers 10h. On a planté nos tentes, et nous avons grillé quelques poissons tout en buvant quelques bières. Nous avons écouté de la musique en marmonnant les paroles des chansons qui passaient. Les discussions étaient passionnantes puisqu’on parlait de nos conquêtes étant adolescents ainsi que des déboires de certains de nos amis d’enfance. On s’est rappelé tous deux, des fois où on s’est moqué du gars ayant une couperose au visage qu’on surnomma « tache rouge ». La journée était quand même agréable et j’ai découvert que la nature a plus de ressources antistress que n’importe quelle thérapie. L’air pur, la mélodie des oiseaux et les brises du vent que tu peux sentir agréablement. Mais j’ai découvert aussi qu’il y a plein de bestioles inconnues qui traînent un peu partout. C’est peut-être pour ça que Léo, mon frère, m’a mis au défi. C’est qu’il sait que je n’aime pas être en contact de trucs inconnus. C’est devenu une phobie pour moi. Ce n’est pas que je n’aime pas, mais j’appréhende surtout la dangerosité des espèces inconnues. Le jour laisse la place à la nuit et l’angoisse monte. Léo fait sans cesse des blagues assez effrayantes sur la nature. Il sait très bien que je ne suis pas insensible à tout ça. Moi qui étais toujours élevé dans un milieu urbain contrairement à lui. À la longue, je lui ai demandé d’arrêter, car j’ai eu peur de passer une longue nuit blanche dans ce milieu hostile. Quand est venue l’heure de dormir, je n’ai pas pu fermer l’œil. Je scrutais le moindre bruit autour de ma tente. Je vérifiai sans cesse autour de moi pour boucher tout type d’ouverture ou interstice pouvant laisser passer des insectes ou autres types de bestioles. Finalement, je n’ai pas dormi et étant en très mauvais état le matin venu, je devais encore subir les moqueries de Léo. « Tu vois ! T’avais qu’à ne pas tenter le défi ! Ce n’est pas fait pour toi ici ! » Dit-il avec un grand sourire.